✦ Illustre ✦
Hugo van der Goes
peintre
Contributions & œuvres
Reçu maître à Gand en 1467, van der Goes s'impose vite comme le premier peintre de la ville. Vers 1475, il peint pour Tommaso Portinari, agent des Médicis à Bruges, le vaste « Triptyque de l'Adoration des bergers » destiné à une église de Florence. L'œuvre, aujourd'hui aux Offices, y arrive en 1483 et frappe les Florentins par la vérité de ses bergers, la présence des donateurs, la mélancolie de ses figures. Au faîte de sa gloire, van der Goes se retire dans un prieuré près de Bruxelles ; il y sombre dans une crise de désespoir religieux dont un moine a laissé le récit. Il meurt à quarante ans, laissant une œuvre rare mais d'une puissance d'émotion inégalée.
Anecdote mémorable
Un moine de son couvent, Gaspar Ofhuys, a raconté la crise de Hugo : au retour d'un voyage, saisi d'un accès de mélancolie noire, le peintre se croyait damné et voulait attenter à ses jours. On lui jouait de la musique pour l'apaiser, comme au roi Saül. Il ne s'en remit pas. C'est l'un des premiers témoignages sur le tourment intérieur d'un artiste.
Influences reçues
L'héritage de van Eyck et de Van der Weyden, dont il pousse le réalisme et le pathétique à leur comble.
Influences exercées
Le Triptyque Portinari marque durablement la peinture florentine (Ghirlandaio, Léonard s'en souviennent) : un des rares cas où le Nord enseigne au Sud.
Importance historique
Hugo van der Goes est le plus tourmenté et le plus émouvant des grands Flamands. Son chef-d'œuvre, le « Triptyque Portinari », peint pour un banquier florentin, fut envoyé à Florence où il fit l'effet d'un coup de tonnerre : les artistes italiens y découvrirent une intensité d'émotion, un réalisme des visages de bergers, une lumière qu'ils n'avaient jamais vus, et la grande peinture toscane s'en souvint. Van der Goes unit la minutie flamande à une profondeur psychologique bouleversante. Sa vie s'acheva dans la folie et la mélancolie, au fond d'un monastère — comme si tant d'intensité avait fini par le consumer.
