✦ Illustre ✦
Hans Schlottheim
automatier
Contributions & œuvres
Facteur d'automates réputé, Schlottheim travaille pour l'empereur Rodolphe II et les grands princes collectionneurs, avides de ces objets pour leurs cabinets de curiosités. Sa création la plus fameuse est la « nef automate » : un galion d'argent doré qui, posé sur une table, avançait tout seul en jouant de la musique, tandis que ses petits personnages s'animaient et que ses canons tiraient une salve pour ouvrir le festin. La France en conserve un exemplaire au château d'Écouen — la « nef dite de Charles Quint » —, chef-d'œuvre où l'orfèvrerie, la musique et l'horlogerie se conjuguent en un seul objet prodigieux. En Schlottheim, la Renaissance rêve déjà de machines vivantes.
Anecdote mémorable
La nef automate, lancée sur la nappe, s'arrêtait devant le convive le plus important de la table : c'était à lui de boire. Musique, tambours, canons qui tonnaient dans un nuage de poudre — tout un spectacle mécanique pour désigner, au festin d'un prince, celui que l'on voulait honorer.
Influences reçues
L'orfèvrerie et l'horlogerie d'Augsbourg, alors les plus avancées d'Europe ; le goût des cours pour les automates et les cabinets de merveilles.
Influences exercées
Ses automates nourrissent la tradition des merveilles mécaniques qui mènera, deux siècles plus tard, aux célèbres androïdes des Lumières.
Importance historique
Hans Schlottheim est le magicien de la mécanique. À Augsbourg, capitale de l'orfèvrerie et de l'horlogerie allemandes, il conçoit ces merveilles qui émerveillaient les cours de la Renaissance : des automates d'argent et d'or, mus par des ressorts, qui bougent, jouent, tirent le canon ou voguent sur les tables comme par enchantement. À la charnière de l'art, de l'artisanat et de la science, il incarne cette fascination du XVIᵉ siècle pour la machine qui imite la vie — l'ancêtre lointain de tous les automates, à mi-chemin du joyau et de l'horloge.

