✦ Illustre ✦
Antonio Pisano, dit Pisanello
peintre
Contributions & œuvres
Formé dans la tradition véronaise, Pisanello travaille pour les cours les plus brillantes — Vérone, Mantoue, Ferrare, Naples. Ses fresques (le « Saint Georges et la princesse » de Vérone) et ses tableaux déploient un monde courtois d'une précision enchantée. Ses dessins d'animaux et de costumes comptent parmi les plus beaux du siècle. Mais c'est sa série de médailles — celle de l'empereur Jean VIII Paléologue, des Este, des Gonzague, de Sigismond Malatesta — qui fait de lui un inventeur : le profil dans le métal, revers emblématique au dos, devient le modèle du portrait commémoratif pour toute la Renaissance et bien au-delà.
Anecdote mémorable
Sa médaille de Jean VIII Paléologue, empereur de Byzance venu en Italie en 1438 pour tenter d'unir les Églises, est le premier portrait médaillé de la Renaissance — et l'une des rares images fidèles du dernier grand empereur d'Orient, fixée par un artiste italien émerveillé par son étrange chapeau pointu.
Influences reçues
Gentile da Fabriano, aux côtés de qui il travaille et dont il hérite l'élégance gothique ; l'exemple des monnaies et camées antiques pour la médaille.
Influences exercées
Il fonde l'art de la médaille de la Renaissance, imité dans toutes les cours d'Europe ; son naturalisme animalier annonce les grands dessinateurs.
Importance historique
Pisanello est le plus raffiné des artistes de cour, à la charnière de deux mondes. Peintre, dessinateur, il porte à sa perfection l'élégance du gothique international — princes en habits brodés, chevaux, oiseaux, fleurs rendus avec une minutie de miniaturiste — au moment même où la Renaissance s'invente. Mais son geste le plus décisif est ailleurs : il crée la médaille de portrait. En coulant dans le bronze le profil d'un prince, à la manière antique, il donne à la Renaissance l'un de ses objets les plus durables, et fixe les visages des grands d'Italie pour l'éternité. Il est l'un des artistes les plus recherchés des cours de son temps.
