Église Saint-Miliau de Guimiliau (enclos paroissial)

Église Saint-Miliau de Guimiliau (enclos paroissial)

Guimiliau (Finistère (29)) · 1560-1722 (Charles IX — Louis XV) ; calvaire 1581-1588

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À propos

Histoire

L'enclos paroissial de Guimiliau est sans doute le plus célèbre des enclos paroissiaux bretons, reproduit sur cartes postales, manuels scolaires, guides touristiques depuis plus d'un siècle. Construit entre 1560 et 1722 sous Charles IX jusqu'à Louis XV, l'ensemble déploie un programme architectural et sculpté d'une virtuosité technique stupéfiante — chef-d'œuvre absolu de la Renaissance bretonne glissant vers le baroque.

L'élément le plus célèbre est le calvaire monumental sculpté entre 1581 et 1588 sous Henri III, déployant plus de 200 personnages sculptés en granit du Léon et kersanton. Le calvaire représente : scènes de la Vie du Christ (Nativité, Circoncision, Baptême, Tentations, Cène, Trahison, Procès, Flagellation, Couronnement d'épines, Portement de croix, Crucifixion, Mise au tombeau, Résurrection, Apparitions), personnages de l'Ancien Testament (Adam et Ève, Caïn et Abel, Noé), saints bretons (saint Miliau, sainte Anne, saint Yves), et la célèbre « Catell-Gollet » — figure populaire de la « femme damnée » précipitée en enfer par des démons (épisode local moralisateur).

L'église Saint-Miliau elle-même (1560-1670) déploie un porche sud Renaissance d'une virtuosité technique stupéfiante : statues des douze apôtres dans des niches à coquilles Renaissance, médaillons à profil antique, rinceaux d'acanthes, putti.

L'ossuaire-chapelle Renaissance (1648) est attribué à Roland Doré, sculpteur breton célèbre.

À l'intérieur de l'église : 5 retables baroques polychromés (XVIIe-XVIIIe siècles), chaire à prêcher sculptée, fonts baptismaux Renaissance.

À voir absolument

  • Le calvaire monumental (1581-1588), chef-d'œuvre absolu, plus de 200 personnages
  • La célèbre « Catell-Gollet » (la femme damnée précipitée en enfer), figure de Guimiliau
  • Les scènes complètes de la Vie du Christ sculptées sur le calvaire
  • Le porche sud Renaissance de l'église (1606), à statues des apôtres
  • L'ossuaire-chapelle Renaissance (1648) attribué à Roland Doré
  • Le clocher Renaissance (1577), 63 m de haut
  • À l'intérieur, les 5 retables baroques polychromés
  • La chaire à prêcher sculptée (1677)
  • Les fonts baptismaux Renaissance (vers 1600)
  • L'ensemble urbain : Guimiliau classé « Plus Beaux Détours de France »

Anecdotes & secrets

La « Catell-Gollet » (« Catherine-la-Damnée » en breton) est l'une des figures les plus émouvantes du folklore breton, sculptée sur le calvaire de Guimiliau (1581-1588) parmi les 200 personnages. Selon la légende populaire transmise dans tout le Léon, Catell-Gollet était une jeune servante de Guimiliau qui dérobait des hosties consacrées pour les offrir à son amant le diable. Quand le prêtre découvrit le sacrilège, Catell fut entraînée en enfer par les démons. Sa damnation fut sculptée sur le calvaire de Guimiliau comme avertissement aux paroissiens : on voit la jeune femme emportée par les diables, chair lacérée, regard désespéré. Cette iconographie moralisatrice unique en France témoigne de la pédagogie catholique de la Contre-Réforme bretonne (post-1563), qui voulait « corriger » les mœurs paroissiales par des images effrayantes.

Le calvaire de Guimiliau (1581-1588), avec ses « plus de 200 personnages », est considéré comme le plus riche calvaire breton monumental. Les chiffres exacts varient selon les historiens : 231 personnages selon certains, 180 selon d'autres (la distinction entre figures principales et secondaires étant subjective). Quoi qu'il en soit, c'est l'un des trois grands calvaires bretons (avec Pleyben — voir fiche #121 — et Plougastel-Daoulas, 1602-1604). Sa virtuosité technique sur granit du Léon (pierre extrêmement dure) en fait l'un des chefs-d'œuvre absolus de la sculpture bretonne Renaissance et XVIIe siècle.

Saint Miliau (mort vers 596), patron de la paroisse, est un roi breton martyrisé au VIe siècle. Selon la tradition, il fut roi du Domnonée (royaume breton couvrant le nord de la Bretagne actuelle) et fut assassiné par son frère Rivod qui voulait prendre sa couronne. Décapité, il aurait selon la légende céphalophore ramassé sa propre tête et marché jusqu'à l'emplacement du futur sanctuaire de Guimiliau. Cette légende est typiquement bretonne (similaire à saint Denis à Paris, sainte Quitterie à Aire-sur-l'Adour — voir fiche #80).

Conseils de visite

Enclos ouvert tous les jours de 9h à 19h en été, entrée libre. Ossuaire : visite payante (3€). Combiner impérativement avec la visite des autres enclos paroissiaux du Léon (Saint-Thégonnec à 5 km — voir fiche #122, Lampaul-Guimiliau à 3 km — voir fiche #124, Sizun à 10 km — voir fiche #125). Guimiliau accessible depuis Morlaix en voiture (20 min). Classé Plus Beaux Détours de France.

Localisation

48.4886, -4.0089 · Guimiliau (Finistère (29))

Pour aller plus loin